Tu
le sais, Seigneur, je suis faible,
et souvent, dans les moments difficiles,
je cherche, pour me soutenir, une " présence
amie ".
J'ai
besoin d'une parole,
d'une main à serrer,
d'un visage à embrasser.
Mais
j'ai compris, maintenant, qu'une présence
physique
n'est pas forcément le signe d'une présence
réelle.
Deux êtres peuvent se voir,
se toucher et même très fort s'embrasser,
mais demeurer loin, très loin l'un de l'autre,
séparés,
si l'amour entre eux, par l'intérieur, ne
les unit.
Combien
de mains serrées ne sont que comédie
!
Combien de couples,
depuis longtemps couchés dans le lit d'habitudes,
ne sont que deux solitudes,
campant de part et d'autre d'un infranchissable
fossé !
Mais
je crois aussi de toutes mes forces, Seigneur,
que deux être, l'un de l'autre cruellement
éloignés,
par l'espace ou le temps,
peuvent se rejoindre, s'unir, vivre en communion
profonde,
si l'amour en eux est vivant.
Je
le crois pour les hommes, Seigneur,
alors, comment ne pas le croire pour toi ?
Puisque tu nous aimes infiniment,
ta présence à chacun de nous,
ne peut être qu'infinie.
Présence réelle,
présence totale,
toujours et partout.
Rien,
Seigneur, ne peut nous séparer de toi,
rien qui ne vient de toi.
Michel
Quoist